Champions league, tout azimuts

    Samedi le 28 Mai, le Real Madrid a remporté sa onzième Champions  League. De quoi être aux anges. « Aux anges » je l’étais ce samedi soir. J’étais en compagnie d’amis et autour de bières. Hala Madrid, hala Madrid. C’est avec ces mots que nous nous félicitions entre supporters sur les réseaux sociaux, et que nous nous moquions des perdants du soir. C’est aujourd’hui seulement, en écrivant cet article, que j’ai pris la peine de comprendre ce que voulait dire ce Hala Madrid. Aussi loin que mes souvenirs me rappellent, j’ai toujours été supporter du Real, c’est dû à mon empathie envers le Barca qui avait gagné en finale de la LDC (Ligue des champions) en 2006 contre Arsenal. Arsenal : mon autre club, habitué à perdre en finale comme l’Athletico de Madrid. Les mauvaises langues demanderont où je mets DYTO, ASKO  et consorts ? Les moins fana-patriotes demanderont d’après le TPM, l’ASEC MIMOSAS etc…  Drôle hein, mon ami Marius met régulièrement  le logo de Liverpool sur son profil whatsapp, mais jamais celui des Éperviers du Togo sans aller jusqu’à parler de Maranatha de Fiokpo.

                                                   

La ligue des champions africaine

   Bref, samedi soir j’ai vécu deux heures palpitantes et je l’avoue : plus qu’un hourra de victoire, c’est un « ouf » de soulagement que j’ai poussé. Sinon, mon whatsapp aurait dû être offline au moins pendant deux jours. La fin justifie les moyens et, du haut de ma subjectivité, je dirais que le meilleur a gagné. Mais en dehors du match j’ai aussi adoré le match qui s’est joué sur les réseaux sociaux. Les divers commentaires, plus spécialistes que ceux des commentateurs télés, les paris intenables etc. Depuis quand tient-on des paris sur les réseaux sociaux ? Je me suis fait payé par les émoticônes représentant l’argent (whatsapp attend quoi pour mettre en ligne des émoticônes de la CFA ?). Et tout ceci dans une ambiance bon enfant, évidement quelques incidents sont à déplorer ici et là mais ils ne sont pas de nature à changer le résultat. Ce soir j’ai eu la confirmation qu’il y avait des jeunes (hommes) qui n’aimaient pas le foot et qui préféraient passer leur soirée avec une copine ou encore  siffler des bières même si presque tous les bars à la recherche de nouveaux clients ont retransmis le match.

Le TPM, club de la Rdc
Le TPM, club de la Rdc au Mondial des clubs

    Ce qui me surprend c’est l’engouement que suscite cette compétition chez nous jeunes africains, pendant que, malheureusement, il n’y a eu qu’un seul Noir (d’ailleurs pas titulaire) à être présent sur le terrain en finale. Deux jeunes en sont presque venus aux mains dans le vidéo club ou j’ai suivi le match. Qu’est ce qui les motive ?

   Je comprends un peu mieux ces africains qui pensent à un complot de l’occident visant à détourner notre attention des « vraies questions de l’heure’’ par le foot. Je comprends mieux… mais je ne dis pas que je suis d’accord. Contrairement aux moyens déployés par les (certaines) chaînes locales pour retransmettre la LDC  avec publicités et droits télés, on se doit impérativement de changer notre fusil d’épaule pour redorer le blason de nos compétitions continentales. Dimanche, je n’ai même pas pu suivre le match Togo-Liberia pour les éliminatoires de la CAN 2017. Bien que le vainqueur de la LDC africaine représente le continent au mondial des clubs (qui a une relative renommée), l’effort reste à faire de notre côté (CAF ,Confédération Africaine de Football).

   Le barman m’a confié avoir triplé son bénéfice la nuit du match. Des amis se sont endettés pour payer des mégas et chamailler les fans du perdant. Il y a un gars qui s’est même acheté une télé et une box exprès, histoire de ne pas rater la finale. Ce qui me fait dire qu’inexorablement le foot, même venu d’ailleurs, a des retombées sur plusieurs aspects de notre vie. Et, au lieu d’être un ‘opium’ pour le peuple, essayons de l’utiliser à bon escient. Pour perdre quelques graisses. Pour rester en forme. Parfois pour fuir Madame. Pour insulter en toute impunité. Se faire éventuellement de l’argent. Et enfin Hala Madrid (comment ça se dit en ‘’éwé’’ déjà?), pour les fans, pour le Real, pour les compétitions africaines. Pour nous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *