De l’incivisme aussi!

Article : De l’incivisme aussi!
Crédit: Belizem
11 novembre 2024

De l’incivisme aussi!

Dans ce billet, je vous emmène le long de la route d’Agoe, où les accidents à l’issue tragique sont très fréquents. Ici, les règles de circulation ne semblent pas s’appliquer. À qui la faute ?

17 heures, Agoe, le feu est rouge devant l’hôpital Dogta Lafie. Un médecin ou un comptable, allez disons un homme en veste au volant de sa belle japonaise termine sa journée. Son feu à lui vient de tourner au vert, lui signifiant ainsi l’accord des dieux de la route. Ces dieux contents qu’il quitte le boulot à l’heure. Car au boulot l’heure avant l’heure n’est pas l’heure mais l’heure après l’heure est toujours l’heure. Alors qu’il avance doucement, un motocycliste un peu daltonien mais surement pas aveugle, venant du sens contraire au guidon de sa belle chinoise le tamponne. Au bilan Japon 1 Chine 0. Sur le plan des dégâts matériels, la résistance des engins japonais n’est plus à prouver. En humains par contre, 2 à 0 pour les motocyclistes. Deux blessés se contorsionnant sur le goudron encore chaud en cette fin d’après-midi.

De la faute éternelle des usagers à l’éternité

Véhicule Surchargé à Lomé. Crédit photo BELIZEM

Jonathan ; j’ai immédiatement pensé à toi. J’ai essuyé une larme avant d’embrayer. Toi qui portes ce prénom triste et célèbre comme cette chanson d’Arafat, pas l’enturbanné. Cette chanson en mémoire de son grand frère disparu dit-on il parait dans un accident de moto. Jonathan, toi fauché dans la fleur de l’âge sur ce tronçon Agoe-legbassito dite de contournement où les accidents sont toujours spectaculaires. Excès de vitesse ? Quel souvenir laisses tu à ton enfant qui vient de boucler ses 6 mois ? On nous dit que seul tu t’es pris ces poteaux électriques. Avec ou sans casques ? Que tu n’as pas souffert, que tu es parti sur le champ. L’argent de l’autopsie que nous n’avions d’ailleurs pas, servira à entretenir ta mère inconsolable et apporter un peu de lumière dans le regard devenu terne de ta jeune femme.

Au feu rouge suivant, j’ai écrasé une deuxième larme et fait remonter la morve. Ce qui a fait flipper la fille à coté de moi. Bientôt un an que nous essayons de comprendre, Fogan. Bientôt un an que ton petit frère, mon grand frère, au nouvel an nous a fait réunir dans ta maison, pour disait il la réchauffer. Toi qui le 1er Janvier de chaque année faisait le tour pour s’assurer que tout le monde était en bonne santé. Bientôt un an que nous nous demandions pourquoi ce tricycle n’a pas émis ses feux de direction ? Depuis bientôt un an que je me demande en roulant sur cette large route, une des plus larges de Lomé comment une moto et un tricycle peuvent-ils entrer en collusion sur ce grand espace ? A la justice, le conducteur s’est justifié. Qu’il n’a à aucun moment pensé à voir débarquer quelqu’un de derrière, d’où son absence de clignotants. La famille a décidé qu’on le libère et de ne pas porter plainte. Que dire des plaintes de ta mère ? Nous lui avions caché ta disparition pendant longtemps. Prétextant une de tes missions. Ironiquement elle l’a sue par ses petits-fils, tes enfants. J’aime depuis me mentir en les regardant qu’ils tiennent plus le coup que nous.

De la responsabilité étatique

Ici nous continuons à blâmer l’autorité pour l’absence de feux de signalisation. Et quand il y en a, leur non fonctionnement. Depuis peu nous ironisons sur leur inauguration en plus ou moins grandes pompes. C’est peut-être pour éviter les pompes funèbres. Combien de personnes affirment pince sans rires en taxi, au volant, ou aux guidons en arrivant en Zongo : Ici c’est un code particulier de la route. Il faut oublier ton autoécole et te concentrer. Combien observent l’arrêt aux feux tricolores, puis traversent en filant dès qu’ils constatent l’absence de policiers en face ? Les voitures modernes émettent des signaux dès qu’on dépasse les lignes sans clignotants. C’est fait à dessein. Nous autres zigzaguons à volonté croyant naïvement à une double ou triple vie.

Autre véhicule surchargé à Lomé. Crédit Photo : Belizem

Ici la majorité des motocyclistes se croient au rallye. Et cela ne s’arrête pas aux dépassements nos règlementaires, ni au port du casque policier. Les dérapages verbaux sont légions. Personne ne respecte la queue au commissariat pour l’établissement des cartes d’identité. J’ai moi-même récemment garé sur une place handicapée d’un grand hôtel. Apres s’être déplacé, le vigile m’a chaleureusement remercié ? Que les boss ne le faisaient jamais. Déjà personne ne libère sa gauche en circulation. Et pourtant nous roulons tous à droite. Et que nous coute cet incivisme ? Beaucoup de gens passent l’arme à gauche. Beaucoup trop!

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Commentaires

BANIS
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Belle plume! La prudence bien-sûr, mieux la providence divine!