Ma semaine sans Internet.

Internet

Tout est parti d’un téléphone volé, d’un autre gâté et d’un pari surprenant, un peu con au début, mais qui en fin de compte s’est avéré une bonne expérience. Ne dit-on pas souvent que la fin justifie les moyens ? Un collègue et moi, suite aux mésaventures diverses de nos téléphones respectifs avons décidé, de voir qui pourrait tenir le plus longtemps possible sans ces petits gadgets qui finalement, contrôlent nos vies. Alors en route pour une semaine sans internet. Je me suis, lors de cette semaine, rendu compte que nos Smartphones ne nous servaient à rien sans connexion internet. Passé le temps de la douleur ressentie suite à la perte d’un être téléphone cher et la recherche d’une solution de rechange, je me suis, enfin mon collègue et moi tout penauds nous étions rendus compte de l’incongruité de la situation. Et si nous devions réellement vivre sans internet ? Et s’il y avait un blackout ? Quel impact ? Sur nous ? Nos proches ? Notre état d’esprit ? Notre productivité au bureau ? Etc…

Jour 1

On faisait semblant, comme si rien n’avait changé. Je me suis rappelé d’un vieux Samsung à clapet qui trainait dans un tiroir et qui  méritait d’être dépoussiéré. Histoire de passer des appels dans des cas urgents. Cas urgents qui ne feront que se multiplier au cours de la semaine. Dur dur d’envoyer alors des sms, moi qui il y a encore quelques années cherchais à battre mon record d’envoi d’sms tellement c’était passionnant et facile, sur mon clavier à 12 boutons. Sur les coups de midi j’ai redécouvert la radio stéréo. Quel soulagement,vite dissipé ! Car aussitôt les nouvelles écoutées, l’envie pressente d’aller sur Yahoo et Cie confirmer voir les images de ces dires surgit. Première difficulté facilement surmontable. Le soir au lieu de chatter sur les réseaux sociaux, j’ai discuté physiquement avec deux nouveaux collègues et fraternisé avec l’un, car l’autre comme vous pouvez aisément l’imaginer suivait difficilement le cours de nos conversations, trop occupé à envoyer deux petits textos entre une phrase. Je le surprenais souvent en train de rire bêtement à une blague ou autre chose venant de son écran. Ô petit écran exerçant une si grande emprise sur nous autres humains.

 

Jour 2

Premiers bénéfices. Dès le réveil, rupture avec la monotonie. Plus besoin de voir qui m’a laissé des messages. Plus besoin de voir dans quel sens la planète a tourné pendant mon sommeil : si le soleil par un heureux hasard ne s’est pas pour une fois levé à l’ouest pour se coucher à l’est. Que faire alors du temps disponible avant le boulot ? Je me suis remis pour une fois depuis une demi-douzaine d’années aux exercices d’abdominaux. J’avoue qu’en ayant le téléphone et internet à portée de main, je n’aurais pu résister à l’envie de faire un tour de quelques sites, en quelques clics. J’ai trouvé une autre motivation dans le désir de ne pas perdre mon pari et vice versa pour mon collègue. Pour tenir quand l’envie était pressante, (beaucoup diront que c’est assez exagéré de dire que l’envie de se connecter puisse être pressante et pourtant c’est parce qu’on y succombe facilement qu’on ne se rend pas compte de l’addiction) une petite marche me faisait du bien. Le coup de ma communication parallèlement s’en allait crescendo. Normal car obligé d’appeler là où, avant je me contentais d’un cc, ça va, oui et toi ? bien bonne journée; merci a toi aussi.

 

Jour 3

Vraies difficultés. Avec les premières énigmes. Et si je me connectais sur pc pour les mails professionnels ? Aurais-je perdu mon pari ? Résisterais-je à l’envie de voir des notifications Twitter etc ??? Comment faire mon boulot là où jetais dépendant d’Internet pour le courriel, les informations des livraisons etc ? Certains collègues, partenaires ont compris quand je leur expliquais le pourquoi du retard de leur mail et pourquoi ils ne l’auront pour certains que dans 5 jours. ça été plus limite avec les supérieurs. J’avais une excuse toute trouvée ‘’ la connexion internet est mauvaise’’. Un ou deux amis sont venus aux nouvelles par appels ou sms. Une ou deux par des visites. Des amies surtout. Des mecs, aucun. J’ai redécouvert les jeux de carte et d’Awalé, l’art de parler sans émoticônes. De ne pas dire lol et mdr à longueur de journée. Mes nouveaux interlocuteurs (d’un certain âge bien sur) ne comprendraient pas. Un ami senior qui s’est récemment mis aux réseaux sociaux a trouvé ma démarche intéressante et m’a surtout conseillé d’utiliser internet à des fins utiles. Ça te rapporte combien une heure de connexion, en argent, en relation, en bien-être ? La nuit m’a apporté quelques pistes de réflexions et de réponses.

 

Jours 4 et 5 

 

Vive le jogging et honte aux amis qui ne nous sont loyaux que sur Internet. Qui peuvent chaque matin que Dieu fait continuer par envoyer des ça va, tu es ou ? sur nos messageries même quand nous ne répondons pas. Mais ne peuvent prendre la peine d’un appel, d’un sms, d’une visite pour avoir de vos nouvelles. Vivent les secrétaires qui prennent soin de nous pendant ces moments aux travers de belles tenues, de beaux sourires, de beaux jeux de société , des petits plats et honte à celles qui s’empressent de venir nous montrer des vidéos fraichement téléchargés ou la dernière blague en ligne. J’ai même eu droit à un appel surprenant qui me demandait de me connecter express et quand j’ai demandé le pourquoi ? Bah c’est pour discuter et avoir de tes nouvelles.
Moins de contrainte, moins d’envie d’acheter. Plus d’attention aux détails. Plus d’attention à la famille. En y pensant j’ai terminé plus de bouquins en papier en une semaine que sur mon téléphone, en faisant au passage une belle économie sur l’argent prévue pour acheter une liseuse électronique. Au cinquième soir, sous prétexte d’une facture et d’une marchandise à livrer, mon collègue et moi avons pu profiter de vingt minutes sur Messenger et Gmail pour envoyer certains dossiers et petit crime, dire bonjour à un ami qui envoyait un coucou juste au moment où je me connectais.

 

Jour 6

 

Fort de ces jours sans internet, je me suis mis à observer les autres pendant une journée, accros à leur téléphone. Ces professionnels du radotage sur le net. Ceux qui ne veulent pas sortir des sentiers battus. Ceux qui sont devenus irrécupérables. Ceux qui carburent à l’internet. Combien de fois manquons-nous des moments uniques de la vie ? En préférant une photo à un sourire, un émoticône au profit d’une embrassade… une malbouffe au dépend d’une activité sportive, une réalité virtuelle au lieu d’une interaction physique ? Toutes ces sensations que certains ne connaitrons même pas, je pense aux prochaines générations. Nous qui pensons êtres civilisés en dépendant exclusivement du net, pour la bouffe, commander nos habits tout ça au nom d’une certaine rapidité entre autres. Au dépend de l’artisanat, de la relation et la chaleur humaine. Le cas particulier de cet ami qui ne partait pas en pause à midi juste pour profiter du bon débit du bureau m’a laissé perplexe. J’ai arrêté de me plaindre que 24 heures n’étaient pas suffisantes. J’avais finalement du temps et rien à faire, ce qui était le contraire quand je trainais sur Facebook et autres à guetter des histoires ou à la recherche des fringues à bas prix etc. J’ai aussi appris à mettre moins de liens dans mes articles pour permettre a vous chers lecteurs de passer moins de temps sur le net.

 
Jour 7

Mon poids sur la balance m’a donné tellement de satisfaction. J’ai finalement trouvé quelque chose à faire de mes nouvelles heures creuses. Des activités enrichissantes. Ma relation qui s’est améliorée avec les seniors à qui j’ai promis de faire plus attention. J’ai vraiment profité de la plage et de l’eau. Du paysage, j’ai pris de belles photos que je ne partagerais pas ici. En tout cas pas aujourd’hui. Pas occupé à envoyer des fichiers multimédia par ici et là. Soit on se repose ou on envoie sa photo en train de se reposer aux gens. Soit on mange ou on se filme en mangeant. Soit on ne poursuit pas deux lièvres à la fois, soit on ne se filme pas en poursuivant deux lièvres à la fois etc.
J’ai aussi raté deux brunchs dont les invitations tout comme les plaintes suite à mon absence sont tombées dans ma boite mail. J’ai appris à mieux gérer ma connexion aujourd’hui ce qui me fait des économies sur les forfaits. À me débarrasser des fioritures, à savoir sur qui compter vraiment. Autres avantages, un mode de vie plus sain, de nouvelles amitiés etc. Pour vous qui seriez tentés par l’aventure, faites. Pas besoin de se préparer. Vivez l’aventure, et si subitement Internet venait à disparaitre, vous serez aguerris.

7 commentaires sur “Ma semaine sans Internet.

  1. Félicitations pour le pari réussi. Lol. Une récente étude en France révele qu’un employé n’arrive à se concentrer que pendant 12 heures en moyenne au bureau avant de se laisser distraire par des notifications tous azimuts. Ce qui en dit long sur l’addiction à internet. Je crois que je devrais m’y mettre aussi.

  2. Félicitations pour le pari réussi. Lol. Une récente étude en France révele qu’un employé n’arrive à se concentrer que pendant 12 minutes en moyenne au bureau avant de se laisser distraire par des notifications tous azimuts. Ce qui en dit long sur l’addiction à internet. Je crois que je devrais m’y mettre aussi.

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