Brexit vu d’ici

<< Quand nous serons unis, ça va faire mal… Comme le Royaume-Uni, ça va faire mal… >> chantait Tiken Jah Fakoly. Sauf que le Royaume-Uni vient de choisir de se désunir de l’Union Européenne. Les citoyens britanniques ont forcément leur raison (tout azimuts diriez-vous) de choisir le Brexit. Pendant toute la campagne, les partisans de chaque bord ont rivalisé d’adresse pour convaincre leur population. En quoi cela me concerne à des milliers de kilomètres ? A part le visa Schengen qui ne servira pas ou plus à aller en Grande-Bretagne, je ne vois pas ce que l’Afrique y perd. Des partenariats quasi inexistants, une immigration minime etc… Ça ne va même pas nous empêcher de suivre la Première League, pareil pour les joueurs africains talentueux d’y jouer. Ce qui importe le plus c’est les leçons à tirer de ce référendum.

brexit deux

Pas si vite! La principale leçon n’est pas du tout la rigueur ni la justesse observées lors du référendum. Je vous vois, vous qui commencez à rêver de référendum dans vos pays africains respectifs. Faux et faux. Le cadre n’étant pas favorable dans la majorité de nos pays. Ce que je retire c’est la détermination couplée de ténacité et de persévérance dont ont fait preuve les Britanniques (quels que soit leurs bords) pour défendre leurs idées, leurs idéaux. Seuls les idiots ne changent pas d’opinion. La peur de l’inconnu ne leur a pas fait rebrousser chemin. Surement qu’il y aura des conséquences. Mais l’omelette ne se fait pas sans casser les œufs. Oser rêver de mieux pour sa descendance. Oser sortir (parfois) de sa zone de confort. Redresser le tir. Tels sont les enjeux pour les Britanniques. L’Histoire leur donnera raison ou tort. Mais pour aujourd’hui l’histoire est en marche.

Aujourd’hui il est impératif pour nous de s’inspirer de cette aventure. Pas seulement de s’inspirer mais d’agir. Défendons nos idées. Sortons de notre pseudo confort. Mais comment ? Dès le départ le Royaume-Uni était dans l’UE mais avec un pied dedans et un pied dehors. Avec le temps, ils ont réclamé des réformes qui n’ont été finalement satisfaites que récemment et à moitié. Pour calmer l’ardeur de son peuple, Cameron n’a eu d’autre choix que d’en venir à ce référendum. Bel exemple pour nos dirigeants cauteleux, tant dans l’exercice de ses fonctions que dans sa démission future. Que le Brexit marche ou pas c’est tout bénef’ pour lui, même si aujourd’hui sa bouche est pleine de cendre. En cas de succès, il sera celui qui aura organisé le référendum. En cas d’échec il les aura prévenus.

 

Voici venu le temps pour nous Africains de monter le ton. Il ne faut surtout pas copier bêtement. J’en veux pour preuve les nombreuses oppositions subsahariennes qui ont voulu refaire le printemps arabe dans leur pays avec des fortunes diverses. Depuis hier matin j’ai vu des #faurexit, #CFAexit etc… sur les réseaux sociaux. N’allons pas vite en besogne. Aujourd’hui plus que jamais l’Afrique se doit d’avoir au moins deux pays ayant le droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Nous avons surement des moyens de pression. Il faut aussi dire que notre histoire récente ne nous encourage pas trop. Où est la Guinée tant rêvée par Sékou Toure quand il disait « non » au Général De Gaulle en 58 ? Le continent a un vivrier de plus de 50 pays à l’ONU. Un départ unanime de tous ces pays aura plus de retentissement que le Brexit. A quoi nous sert l’ONU ? Surement pas à grand chose. Je citerai le niveau de vie de ses fonctionnaires (pleins d’Africains sortent ainsi de la pauvreté), les 4X4 dans nos rues, les conférences (je veux dire les per diem) etc… Plus sérieusement, je déplore le rôle de spectateur qu’elle joue dans les conflits, l’antichambre quelle est devenue pour le G7 dans la validation des projets de ce dernier etc. Si nous ne gagnons rien à l’ONU, pour ne pas dire que nous perdons, pourquoi ne pas en sortir et remodeler l’Union Africaine ? Pitié, ne me dites pas de prendre exemple sur l’UE. Ce système ne fonctionne pas.

union africaine
      Plus de 50 ans d’UA. Où en sommes nous?

 

Plus que jamais nos peuples se doivent de prendre conscience du pouvoir qu’ils ont et d’agir tel qu’il se doit. Menacer, et non sortir du CFA. Améliorer le fonctionnement de l’UEMOA. Pareil pour la CEDEAO, la SADC etc…  Mieux négocier nos contrats de partenariats, jusqu’ au niveau de nos entreprises et dans la vie de tous les jours. Le Brexit n’a pas dissuadé mon ami Guillaume de vouloir se remettre à l’anglais. Comme quoi, nous avons beaucoup à gagner (de loin) de ce Brexit. Agissons pour nous, pour nos enfants. Osons rêver d’un monde meilleur pour eux. Nous aurons eu au moins le mérite d’avoir essayé, d’avoir osé. Pour nous d’abord et pour eux ensuite.

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